Océan et climat

Ocean et sante

Les 10 jours de négociations sur le climat du 3 au 14 juin 2013 à Bonn dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) ont permis de préparer la prochaine Conférence des Parties à Varsovie en novembre prochain.

L’objectif de ces conférences successives est de parvenir à un accord concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la limitation du réchauffement à 2°C. Ce nouvel accord qui doit entrer en vigueur en 2020 devrait voir le jour lors de la Conférence des Parties de 2015 à Paris.

Le déroulement de chaque conférence met cependant en lumière la difficulté pour parvenir à un accord entre les 195 signataires de la Convention. Les pays industrialisés et le groupe des pays en développement (G77 + la Chine) ne sont pas prêts à fournir les mêmes efforts ; les pays du G77 soulignant notamment la responsabilité plus grande des pays industrialisés dans le réchauffement global et les moyens plus faibles des pays du G77 pour répondre aux exigences leur permettant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.[1] 

Petit rappel historique de la CCNUCC et du protocole de Kyoto 

La convention de Rio et le Protocole de Kyoto (1992 – 2007)

Le réchauffement est dû à l’activité humaine avec au moins 90% de certitude selon le GIEC[2]. Le réchauffement moyen constaté à la surface de la terre au cours du siècle écoulé s’élève à 0,74°C. Le rythme d’accroissement actuel des concentrations de gaz à effet de serre provoquera un réchauffement moyen de 0,2° par décennie durant les trente prochaines années. Les températures pourraient augmenter, d’ici 2100, de 1,1°C à 6,4 °C, suivant les différents scénarii correspondants à différents modèles de développement. Une réponse urgente et collective est donc nécessaire.

La communauté scientifique internationale fut la première à prendre conscience du réchauffement climatique pour être ensuite relayée par les représentants politiques.

Les premiers engagements internationaux datent du Sommet de la Terre à Rio en 1992 ; ils ont été renforcés par le Protocole de Kyoto en 1997. Une prolongation et un élargissement de ces accords sont au cœur des négociations internationales.

La CCNUCC entrée en vigueur en mars 1994 a pour objectif de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les pays développés, les pays en transition et l’Union européenne, inscrits dans l’annexe I de la convention, s’engagent alors à stabiliser leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à l’an 2000 au niveau des émissions de 1990. Dans l’annexe II, les pays développés et l’Union européenne s’engagent à financer les coûts encourus par les pays en développement pour respecter leurs engagements.

Le Protocole de Kyoto renforce la réponse internationale à l’évolution du climat en fixant des objectifs chiffrés juridiquement contraignants de réduction des émissions des pays développés : 5,2% de réduction à atteindre en 2008/2012 par rapport au niveau de 1990, grâce à un objectif national pour chaque pays. Il vise les 6 principaux gaz à effet de serre en mettant l’accent sur les politiques et mesures intérieures et innove en ouvrant un crédit aux Parties qui réduisent les émissions dans d’autres pays (établissement de 3 mécanismes de flexibilité). Le protocole est entré en vigueur le 16 février 2005. Dès lors, la communauté internationale amorce des négociations sur un nouveau régime climatique post 2012 en vue notamment d’associer davantage toutes les Parties de la Convention.

En 2007 l’Union européenne s’engage unilatéralement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport au niveau de 1990. 

Une feuille de route et un calendrier de négociations ont été arrêtés lors de la Conférence de Bali en 2007 en vue d’arriver à un nouvel accord international sur le climat lors de la conférence de Copenhague en 2009. Les négociations à Bali ont suivi deux voies parallèles : la première sur le Protocole de Kyoto, la seconde dans le cadre de la CCNUCC visant à engager la communauté internationale y compris les Etats-Unis et les pays émergents dans la lutte contre les changements climatiques.[3]

Lors de la Conférence de Copenhague les Parties avaient le choix entre la prolongation du Protocole de Kyoto pour une deuxième période d’engagement ; la fusion des deux voies de négociations en un seul accord ou fonder la lutte contre les changements climatiques sur d’autres assises.

Aucune de ces options n’a fait consensus, ce qui explique en partie le blocage des négociations au terme de la première semaine. L’Accord de Copenhague a été élaboré par un petit groupe de pays qui l’ont présenté à la Conférence des Parties comme un fait accompli. Le processus entourant l’élaboration du document a toutefois été vivement critiqué par certains pays de sorte que l’Accord de Copenhague n’a pas été adopté par la COP15 qui s’est contentée d’en « prendre note ». Aujourd’hui, les pourparlers entre les États portent essentiellement sur la question de savoir si le prochain régime climatique doit s’inscrire dans le cadre de l’Accord de Copenhague ou du Protocole de Kyoto.[4]

Cette conférence a mobilisé l’opinion publique mondiale d’une façon totalement inédite, et elle a associé des milliers de négociateurs de tous les pays du monde, les ministres et à terme les chefs d’Etat et de gouvernement de plus de cent pays à un processus de négociation intense.

A Durban, en Afrique du sud en décembre 2011, pour la première fois tous les pays ont accepté de s’inscrire dans un accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui devra être adopté en 2015, pour une entrée en vigueur à partir de 2020. Les processus de négociation issus de la feuille de route de Bali de 2007 étant clos, le Groupe de travail spécial sur la plate-forme de Durban pour une action renforcée (ADP) devient la voie de négociation principale pour un nouvel accord international sur le climat.

Le Groupe de travail a été établi par la Conférence de Durban en vue de conclure l’élaboration du prochain régime climatique, qui doit associer l’ensemble de la communauté internationale – y compris les États-Unis et les pays émergents – dans la lutte contre le réchauffement planétaire (contrairement au Protocole de Kyoto qui n’impose des cibles de réductions contraignantes qu’aux pays visés à l’Annexe I). Ce nouveau régime, qui pourrait prendre la forme d’un protocole, d’un instrument juridique ou d’un résultat concerté ayant force de loi, doit être achevé au plus tard en 2015 et entrer en vigueur en 2020[5].

La France s’est portée candidate pour l’accueil de la conférence de 2015. A Doha au Qatar en 2012, une seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto a été décidée jusqu’en 2020 avec de nouvelles règles de fonctionnement notamment sur l’utilisation et le report des crédits carbone. Elle engagera l’Union européenne, la France, l’Australie et une douzaine d’autres pays industrialisés à réduire leurs émissions de 2013 à 2020.

 Océan et climat

La formidable quantité d’énergie provenant du Soleil se répartit à la surface du globe. L’eau de l’océan mondial emmagasine de la chaleur au niveau des tropiques et la restitue à l’atmosphère dans les hautes latitudes, modérant les variations de température à la surface du globe. Grâce à sa grande inertie thermique, l’Océan absorbe et restitue l’énergie solaire très lentement constituant ainsi un immense réservoir de chaleur dont la capacité de stockage représente 1 200 fois celle de l’atmosphère. Ce monde aquatique est en mouvement perpétuel. Les grands courants parcourent le globe en surface, mais aussi en profondeur répartissant la chaleur entre le pôle et les tropiques, la surface et les grands fonds.

L’Océan échange aussi des gaz et de l’eau avec l’atmosphère et les continents. Ces échanges régulent la machine climatique planétaire en influençant les températures terrestres et le cycle de l’eau. L’Océan est également un gigantesque puits de carbone. 93% du CO2 terrestre est séquestré ou circule en mer à un moment de son cycle. Les masses d’eau froides qui coulent vers les grands fonds au niveau des pôles entrainent  avec elles le gaz carbonique qui se dissout dans l’eau froide et rejoint les courants profonds. 

Globalement, on estime que l’océan absorbe environ 30 % des émissions gaz carbonique émis par les activités humaines.  Il limite ainsi le réchauffement climatique.

Le milieu océanique s’est réchauffé jusqu’à 3 000 m de profondeur et déjà, la répartition des espèces se trouve perturbée : certaines se déplacent vers des latitudes plus froides, d’autres gagnent des zones plus profondes, d’autre encore s’adaptent ou disparaissent. L’accroissement du CO2 absorbé par les eaux augmente aussi l’acidification de l’océan et des organismes comme les coraux, mais également les coquillages ou même le phytoplancton, pourraient avoir des difficultés pour édifier leur squelette calcaire. Des écosystèmes entiers sont ainsi menacés et avec eux, les ressources essentielles à la sécurité des populations ainsi que les activités économiques liées à l’exploitation du potentiel océanique.


[2] Le GIEC (en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) est une plateforme internationale ouverte à tous les pays membres des Nations unies, qui évalue les informations sur les risques liés au changement climatique d’origine humaine, ses conséquences éventuelles et les stratégies à envisager pour l’atténuer.

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Copenhague
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